Hong Kong, haut-lieu du trafic d'antiquités chinoises

Hong Kong, haut-lieu du trafic d'antiquités chinoises

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Hollywood Road constitue « la Mecque » des amateurs d’antiquités chinoises. On peut y acheter en toute légalité des pièces de grande valeur, y compris les plus anciennes. Porcelaines, calligraphies et autres bouddhas géants font partie de cette vaste collection d’objets pillés, en toute impunité, au patrimoine culturel chinois.

"La plupart des antiquités vendues à Hong Kong proviennent de Chine et la grande majorité sont issues de sites pillés", indique le professeur P.K. Cheng, directeur du département de civilisation chinoise de l'Université de Hong Kong. Sally Chu, propriétaire et gérant de l’une des boutiques d’Hollywood Road confirme l’assertion de M.Cheng : « C'est un secret de polichinelle ».

La Chine, excédée de voir s’envoler ainsi des millions de trésors, va tenter de mettre un terme à ce pillage en règle, commerce juteux au demeurant, en interdisant toute exportation d’antiquités antérieures à 1911. La législation chinoise, en vigueur jusqu’à présent, interdit la sortie du territoire aux antiquités datant d’avant 1795.

Hong Kong qui bénéficie cependant d’un régime différent inhérent à son statut de région administrative spéciale, ne sera pas concernée par cette mesure et pourra donc continuer ce commerce. Les autorités locales n’ont de toute manière jamais montré beaucoup d’assiduité à lutter contre le phénomène, seulement trois interdictions ont été formulées lors des dix dernières années.

« Les villageois chinois ont pris conscience de la valeur commerciale de ces objets et n'hésitent pas à piller des trésors enterrés, comme des tombes", relève M. Cheng. Certains vont jusqu’à faire sauter à la dynamite tombeaux et autres chambres funéraires. Le risque de voir le patrimoine chinois se dilapider complètement est grand. Le gouvernement central n’hésite d’ailleurs pas à condamner à mort et à exécuter des pilleurs de tombe pris sur le fait.

Quant aux acheteurs qui fréquentent Hollywood Road, la plupart viennent de Chine. Sally Chu explique : "Les antiquités qu'ils achètent ici sont accompagnées de certificats, ce qui leur permet de repasser la frontière en toute légalité"

Un autre marchand qui s’exprime sous couvert d’anonymat, ajoute : "l'achat d'antiquités munies de certificats fournis par les commerçants de Hong Kong est aussi un moyen de blanchir de l'argent. Ainsi, beaucoup de collectionneurs privés paient en cash des antiquités qui pourront ensuite être revendues sans souci à New York, Paris ou Londres".

Pour M. Chang, le principal enjeu réside dans le fait qu’on assiste à la véritable destruction de l’histoire d’un pays. "Ces antiquités présentent aux yeux des collectionneurs un intérêt esthétique, mais ce qui est grave, c'est qu'en les retirant de leur site, leur signification historique et culturelle disparaissent", conclut le professeur.

Källa:
AFP