Rencontre : Mi Xiaosheng un Chinois au cœur de l'Europe

Rencontre : Mi Xiaosheng un Chinois au cœur de l'Europe

Mi Xiaosheng est le correspondant pour Radio Chine Internationale à Bruxelles
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À bientôt 29 ans, Mi Xiaosheng est depuis deux ans le correspondant à Bruxelles pour Radio Chine Internationale. Arrivant à la fin de son mandat dans la capitale de l'Europe, il nous explique quels sont les intérêts chinois à Bruxelles et porte une analyse sur les visions que les Chinois et les Européens ont les uns des autres.

La présence de journalistes chinois dans la capitale belge n'est pas reliée de la crise politique que vit aujourd'hui le plat pays. Non, c'est avant tout la place importante Bruxelles sur la scène politique internationale, une ville qui accueille les institutions de l'Union Européenne (le plus grand partenaire commercial de la Chine) et aussi le siège de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Une autre partie de leur travail consiste à rapporter les faits majeurs qui se produisent dans le Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg).

Au cours des dernières semaines, ces reporters orientaux ont ainsi porté leur attention sur le traité européen de Lisbonne qui doit remplacer la constitution européenne ainsi que les réactions de l'Europe vis-à-vis des grandes questions de sécurité internationales comme l'Iran, la Birmanie et le Kosovo.

Une vision chinoise de l'Europe

Pour Mi, la vie est beaucoup moins stressante en Europe par rapport à la Chine où la croissance économique engendre une forte compétition. Et s'il note un côté plus individualiste dans le caractère européen, il n'en apprécie pas moins les possibilités de pouvoir avoir des échanges de point de vue constructifs avec les Européens.

Un entretien avec un journaliste chinois en poste à Bruxelles est évidemment l'occasion de sonder l'opinion de la presse chinoise sur les relations sino-européennes.

"Aux yeux des Chinois, l'Europe est la deuxième puissance économique et militaire. Et l'Europe privilégie la voie du dialogue, ce qui renforce les relations multilatérales, et donc l'Europe bénéficie d'une plus grande "soft power" que les Américains", explique Mi qui ajoute que cette "softpower" permet aux Européens d'être perçus de manière plus positive en Chine que ne le sont les Américains.

La faiblesse de l'Europe aux yeux des Chinois tient plus dans l'inefficacité du pouvoir de décision politique des institutions Européennes. "Les gens qui n'ont pas les mêmes habitudes ne peuvent pas former une famille". Ce proverbe chinois cité par Mi illustre comment les Chinois perçoivent l'Europe d'un point de vue politique. "Les peuples germaniques et latins n'ont pas la même culture, cela crée parfois une inefficacité sur le plan politique, et surtout de la décision politique".

Malgré cette inefficacité de décision politique, Mi Xiaosheng estime que les relations entre la Chine et l'Europe vont se renforcer de plus en plus en raison de la question environnementale qui devient globale et aussi par la volonté des deux partis de vivre dans un monde multipolaire. Et si la globalisation économique provoquera encore quelques querelles, notamment sur la question de la balance commerciale, dans l'ensemble les relations devraient rester saines du fait que tant la Chine que l'Europe sont conscientes que la solution aux problèmes ne se trouvera que par la voie de la négociation.

Une vision tronquée de la Chine

Lorsqu'il rencontre des Européens, Mi remarque un fort intérêt vis-à-vis de la Chine. "On ressent une forte curiosité des Européens sur la Chine", nous dit-il. Il précise que la plupart des sujets abordés par ces interlocuteurs concernent les questions qui entourent l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Cependant, il estime que le regard que les Européens portent sur la Chine est tronqué. "Ni favorable, ni défavorable, l'opinion d'un Européen sur la Chine n'est pas objective, il n'est pas complet". "Pour beaucoup d'Européens, la Chine est encore dans les années 60-70. Ils n'ont pas une vision réelle de la Chine".

Premiers responsables de cette vision tronquée sont, selon lui, les médias occidentaux. Tout d'abord la presse qui est souvent orientée sur certains sujets, comme par exemple durant l'été où tous les médias occidentaux incriminaient les jouets produits en Chine, alors qu'il s'est avéré par la suite que c'était le cahier des charges rédigé par Mattel qui était plutôt à pointer du doigt. Cette orientation médiatique est d'autant plus étonnante pour Mi car il estime les médias occidentaux comme plus professionnels et avec des journalistes mieux formés.

Ensuite, les médias de divertissements jouent une part non négligeable sur les a priori sur la Chine. Il reprend l'exemple du film "Mission Impossible" qui présente les Chinois comme portant encore les vestes "Mao" des années 70. Mi se dit surpris de voir des films à grande audience présenter une telle image de la Chine qui ne correspond pas à la réalité.

Et lorsqu'on lui demande quel serait le moyen le corriger cette vision, il n'en voit qu'une seule, celle d'aller sur place, en Chine, se rendre compte soi-même de la situation et de se faire son propre jugement.