La Chine et l'Union Européenne avancent leurs revendications l'un envers l'autre
Moins d'une semaine avant une rencontre entre les dirigeants chinois et ceux de l'Union Européenne (UE) à Pékin, chaque camps établit la liste de ces revendications. Dans un entretien accordé au Financial Times, le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, avertit la Chine que l'Union Européenne pourrait introduire des mesures antidumping à son encontre si Pékin ne s'employait pas à réduire l'écart commercial avec l'Europe.
Dans un entretien paru ce vendredi dans le Financial Times, M. Mandelson déclare que l'Europe "pourrait être obligée d'user de mesures antidumping pour se défendre contre les exportations chinoises" si Pékin n'agit pas pour réduire l'écart commercial. "L'Europe s'ouvre davantage à la Chine", mais cela ne saurait durer "à moins que la Chine montre la même ouverture envers nous", ajoute t-il..
Selon les chiffres officiels publiés par Pékin, l'excédent commercial chinois avec l'Union Européenne s'est accru de 50 % entre octobre 2006 et octobre 2007 et atteint 9,5 milliards d'euros.
Pour remédier à ce déséquilibre, le commissaire européen au Commerce exige que la Chine réduise ses obstacles non-tarifaires, assouplisse ses régulations et mette fin à la discrimination contre les entreprises européennes.
Ces déclarations interviennent deux jours seulement avant le début de la visite du président Sarkozy en Chine et moins d'une semaine avant le sommet UE-Chine auquel participeront le président de la Commission José Manuel Barroso et le premier ministre portugais José Socrates - le Portugal assurant la présidence de l'Union Européenne jusqu'au 31 décembre.
"Je suis pour la concurrence, mais la concurrence loyale", a annoncé hier Nicolas Sarkozy. "Un grand pays comme la Chine doit avoir un cadre légal qui protège l'innovation et la propriété intellectuelle. Je vais bientôt le leur dire puisque je pars samedi en Chine", a-t-il ajouté alors que plusieurs entreprises européennes ont exprimé leurs doutes quant à la capacité et à la disposition de la Chine à respecter les règles de l'Organisation mondiale du commerce en matière de libre-échange.
Une opinion chinoise différentes
Du côté chinois, on estime le sommet entre dirigeants chinois et européens de la semaine prochaine de manière positive.
Dans une interview accordée à Chine Nouvelle, Guan Chengyuan, l'ambassadeur chinois auprès de l'Union Européenne, estime que "cette rencontre, comme les précédentes, va certainement faire avancer la coopération mutuellement bénéfique entre la Chine et l'UE dans tous les secteurs et devrait avoir un impact sur le futur développement du Partenariat stratégique global".
S'il reconnaît la croissante "étonnante" des échanges commerciaux et culturels entre les deux partenaires, il reconnaît qu'il existe certains problèmes. Et M. Guan fait remarquer que "les Chinois sont convaincus que ces questions devraient être résolues d'une manière pragmatique et raisonnable".
La balance commerciale devrait être analysée d'une façon "objective et raisonnable", dit-il, ajoutant que la manière de calcul de l'UE est injuste. L'UE compte actuellement plus de 13. 100 entreprises en Chine, aven un chiffre d'affaire dépassant 206, 6 milliards de dollars, réalisé au marché domestique de la Chine.
"Par conséquent, l'excédent commercial de la Chine avec l'UE n'est pas aussi important que l'UE l'a prétendu", remarque Guan.
"Nous ne cherchons pas à créer laborieusement des excédents commerciaux. Par ailleurs, le déséquilibre commercial est un phénomène économique tout à fait normal. Pendant longtemps, l'UE avait enregistré un excédent commercial vis-à-vis de la Chine. Les importations européennes en provenance de la Chine se sont substantiellement accrues ces dernières années suite aux ajustements des structures industrielles européennes".
"L'UE semble impatiente et elle a soulevé certaines revendications qui dépassent largement les engagements que la Chine avait pris lors de son adhésion à l'OMC. Ce n'est pas réaliste", regrette Guan Chengyuan.
Par ailleurs, il soutient que la Chine désire voir des avancées dans deux principaux domaines : l'embargo sur la vente d'armement vers la Chine et la reconnaissance du pays d'extrême orient comme économie de marché.
"Un règlement rapide (de ces questions) est propice à la bonne santé des relations entre l'UE et la Chine", soutient l'ambassadeur chinois qui souhaite voir les Européens honorer leurs promesses.

